mercredi 29 octobre 2014

Les USA : Sont-ils la matrice du terrorisme international.




Entrevue avec  Joan E. Garcés, auteur de “Souverains et exploités” "Souverains et exploités" (IV édition)

Joan E. Garcés est docteur en Sciences politiques pour l'Université "Complutense de Madrid" et pour La Sorbonne, en plus est licencié en Droit pour la primera université.
Assesseur politique personnel du Président chilien Salvador Allende, en 1999 a reçu du Parlement suédois le prix Nobel alternatif (Right Livelihood Award) pour ses travaux en défense de los droits humains.
H publié, entre-autres: Développement politique et développement économique ; L'Etat et les problèmes tactiques dans le gouvernement Allende ; Démocratie et contre-révolution. Le problème chilien; Orlando Letelier. Témoignage et justification (en collaboration avec Saul Landau) et Souverains et exploités. Stratégies globales, américaines et européennes.
Après la Guerra Froide ha dirigé en Europa le processus judicaire contra le Général Augusto Pinochet pour crimes de lèse-humanité et terrorisme, et contesté las conséquences néfastes du prolongement de la impunité des crimes graves commis par les dictatures.



Interview de Joan E Garcés par Enric Llopis, nous ouvre les œillères que, inconsciemment ou idéologiquement, nous nous sommes imposées.
L'intelligentsia soumise à l'idéologie des va-t-en-guerre occidentaux qui  nous est imposé, principalement, depuis la Mondialisation: "qui voudrait que le "Marché" doit tout régir", nous a entrainé vers des abimes qui trouvent dans cet article l'explication, même partielle, des crises économiques, politiques, sociétales, sociales, psychologiques, morales [...], que nous traversons.
Nous accordons notre confiance à des êtres qui ne le méritent pas, qui ne nous veulent pas du bien. Nous élisons des êtres qui nous méprisent, qui nous mentent.
L'intéressant serait de connaitre, principalement en Occident, pour qui œuvrent les aigrefins que nous élisons ? Nos Etats perdent leur souveraineté au profit : de la finance privé, d'idéologies de rapine, et où la manipulation y a toute sa place.   

Avec une préface de Mario Benedetti, le juriste et politologue Joan E. Garcés publia en 2012 la quatrième édition de l'ouvrage "Souverains et exploités" : "stratégies mondiales, américaines et espagnoles" (Du Siècle XXI). Garcés conseillé Salvador Allende entre 1970 et 1973, jusqu'au coup d'Etat militaire dirigé par le général Pinochet frustré le travail de l'Unité Populaire. En outre, en 1999, a reçu le prix Nobel alternatif. L'auteur du livre a également été l'un des principaux moteurs de la procédure ouverte en Espagne contre le dictateur Pinochet, en plus d'agir à titre de conseiller pour les plaignants dans l'affaire des disparus espagnol au Chili.

Joan E. Garces estime que les États-Unis ont utilisé l'attentat contre les tours jumelles en 2001 "comme un prétexte à des interventions préventives ou d'invasions de pays et le renversement de gouvernements qui ne sont pas à leur goût." Le recours à l'interventionnisme, prétextant d'y amener la "sécurité" au moyen d'une invasion ou l'instauration de dictatures se déroule en l'absence d'autres moyens de contrôle des ressources et des populations. Cette déstabilisation et les "coups" qui ont suivi ont eu lieu après le retour aux affaires des républicains à la gouvernance des États-Unis (en 2001) et les priorités stratégiques adoptées après l'attaque contre les tours jumelles à New York le 11 septembre 2001.

- Enric LLopis : Ces mécanismes sont liés à ceux mis en œuvre, par exemple, contre l'Unité Populaire d'Allende, que vous avez vécu de près.
- Joan E. Garcés : Ces trois pays d'Amérique latine ont subi, en effet, des modes de déstabilisation sociale et politique appliquée avant 1990, par exemple, au Chili, entre l'élection du président Allende en 1970 et les élections législatives de Mars 1973, des mesures combattues par la peuple chilien ont été remplacés par la destruction des institutions républicaines et un Etat-militaire de répression socio-économique et de contrôle de l'information, dont les effets se prolongent jusqu'à aujourd'hui. Tel que nous pouvons le voir en Europe, à ceci près, que la déstabilisation se réalise de l'intérieur, par ceux-là même élus à la charge de l'Etat au profit d'intérêts particuliers ou partisans.  

- Enric LLopis : Considérez-vous que dans des pays comme le Venezuela, l'Equateur et la Bolivie ont accédé à la souveraineté grâce aux gouvernements progressistes ? L'Amérique latine est-elle, aujourd'hui, moins dépendante des États-Unis ?
- Joan E. Garcés : L'accroissement de l'autonomie économique extérieure, l'accès au gouvernement des mouvements populaires organisés, les changements dans la situation internationale, ouvrent des opportunités aux peuples pour s'élargir et développer son système politique et économique interne. Une plus grande autonomie permet une plus grande souveraineté. Le danger réside d'utiliser cette autonomie pour entrer dans une économie spéculative.

- Enric LLopis : Quels sont d'après-vous les mécanismes qui lient les USA à Israël ?
- Joan E. Garcés : Les liens qui unissent ces deux Etats sont moins culturels ou cultuels que les rapports de subordinations des Présidents américains au lobbys en général, et au lobby pro israélien en particulier.  
  
- Enric LLopis : Pensez-vous que la Chine, l'Inde, le Brésil, la Russie et l'Afrique du Sud, appelés pays du BRIC, continuent-ils à valider l'hégémonie de l'empire américain ou s'est une exagération ?
- Joan E. Garcés : Pour les USA maintenir son hégémonie militaire et investir dans sa défense, plus la participation au budget militaire des 25 Etats qui le suivent dans l'escalade des dépenses militaires, coute cher. Dans la dernière décennie, la contribution américaine au budget de l'OTAN est passée de 62% à 73%.
Plus les États-Unis identifie ses intérêts avec le maintien du système capitaliste mondial, plus il relativise sa situation économique, politique, culturelle et idéologique interne. Avec l'Europe le pays le plus attaché à l'hégémonie américaine est Israël, dont il s'en sert à comme un rempart visant à cautionner sa politique, parfois même au détriment de l'influence des USA eux-mêmes, comme avec l'Iran où Israël sape ses tentatives de rapprochement.  

- Enric LLopis : Quel a été le rôle de l'OTAN dans les conflits en Libye, la Syrie et le «printemps arabe»?
- Joan E. Garcés : On connait aujourd'hui la Synthèse que fit en 1949 Lord Ismay, Secrétaire général de l'OTAN, des objectifs de : "to keep the Russians out, the Americans in, and the Germans down" «garder les Russes, les Américains, et les Allemands". La réunification de l'Allemagne en 1989, la dissolution de l'URSS en 1991 et l'organisation militaire du '"Pacte de Varsovie", ont mis l'OTAN en contradiction avec sa raison d'être.
Les interventions néocoloniales à l'extérieur des frontières de ses Etats membres, comme en Libye, a produit une telle alarme en Asie que le Conseil de sécurité de l'ONU n'a pas autorisé leur répétition en Syrie. Depuis 2004, les reculs stratégiques américaines et britanniques en Irak et de l'OTAN en Afghanistan marquent une étape. Ces "déstabilisations" servent d'avantage à l'assujettissement des Etats "aidés" et au pillage des matières premières qu'a la soi-disant sécurité apportée. 

- Enric LLopis : Comment évaluez-vous la notion de «terrorisme international» dans ces conflits et au Mali ?
- Joan E. Garcés : L'attaque sur New York en 2001 devrait être conceptualisée comme ce qu'elle était : le résultat de la conspiration d'une association terroriste,  concernant la compétence de la police judiciaire des pays concernés.
A contrario, elle a été utilisée comme un prétexte pour des «interventions préventives» ou d'invasions de pays et le renversement de gouvernements que n'aimait pas le président des États-Unis, qui s'est autoproclamé policier, juge et bourreau de massacres, meurtres collectifs ou individuels, pour légitimer la torture et centres de détention clandestins, sans distinction de nationalité ou de frontières.
Le cas du Mali est un peu différent dans la mesure où l'argument sécuritaire a été le "sésame" pour le néocolonialisme, sous prétexte de "mater" une révolution, financée et armé par le "camp" qui y apportait la soi-disant sécurité.  Deux objectif sont poursuivis au Mali, exploiter les matières premières avec un maximum de rentabilité, repousser les révoltés ver le Nord, vers l'Algérie...  
Les conséquences prévisibles néfastes pour la paix et la primauté du droit international émergent de partout.

- Enric LLopis : Vous affirmez dans l'épilogue de votre livre que la désintégration de l'Union soviétique et la réunification allemande, depuis 1989, ont dépassé les structures qui, à partir de 1945, ont incité les Etats-Unis pour contenir l'URSS (et partis ouvriers en Europe occidentale) et d'éviter une autre tentative de germanisation Europe.
- Joan E. Garcés : Le moteur de l'unité de l'Europe capitaliste entre 1947 et 1990 ont été les États-Unis, dès l'origine et à cette fin. Depuis 1990, ce moteur est de moins en moins présent, son remplacement a relancé les relations allemandes centre-périphérie, de domination et de subordination, avec des racines du XIXe siècle qui étaient restés latentes sous l'hégémonie des Etats-Unis.

- Enric LLopis : Vivons-nous actuellement sous le IV Reich ?  
- Joan E. Garcés : L'eau ne passe pas deux fois sous le même pont. Les garnisons US sont toujours stationnées en Allemagne (et d'autres pays). Le fondateur de la dynastie financière Rothschild constatait en 1790 : "Laissez-moi les pièces et le contrôle de la monnaie d'une nation et je ne me soucierais pas de savoir qui écrit les lois." Et si l'occident, les USA déstabilisent tous ceux qui lui déplaisent, la finance mondialisée fragilise ceux qui s'opposent à sa politique financière ou/et idéologique.    

- Enric LLopis : Y a-t-il des mécanismes d'intervention nouveaux qui limitent ou suppriment la souveraineté des pays, par exemple dans l'Union européenne ? Quels sont-ils ?
- Joan E. Garcés : Le contrôle de l'Euro par les institutions qui servent les intérêts d'un autre pays, subit une sorte de «protectorat», sans l'envahir.

- Enric LLopis : Aussi vous vous référez aux emprunts et à la dette dans l'économie mondiale, agissant comme des éléments d'intervention et de domination. Y a-t-il des exemples historiques de refus de payer la dette et qu'aujourd'hui pourraient être suivis ?
- Joan E. Garcés : Ils y en a, ils doivent être étudiés et connaitre leur utilité dans des circonstances particulières de temps et d'espace. Et innover, sans aller plus loin de ce qu'a fait l'Islande, après avoir été frappé par la crise financière initiée en 2007 aux États-Unis, avec la Banque Goldmann-Sachs et la escroquerie des supprimes.

- Enric LLopis : La démocratie est kidnappé par le secteur bancaire et le capital financier, que les partis politiques ne sont pas autonomes. Si c'est ainsi, quels sont les mécanismes ? Comment se concrétise cette subordination ?
- Joan E. Garcés : L'endettement des Etats, la cooptation et contrôle des individus dans un système électoral de listes bloqués et fermées dans des circonscriptions provinciales, depuis 1977 ont été conçu comme un moyen de perpétuer les structures et intérêts engendrés pendant une longue période antirépublicaine.

- Enric LLopis : Enfin, vous soulignez que «le présent n'est pas prisonnier, ni ignorant de l'histoire." Quelles sont d'après vous les possibilités de fissure, dans l'hégémonie du capital financier dans la périphérie européenne, par exemple ?
- Joan E. Garcés : Les fissures sont visibles, les alternatives le sont moins. Les construire requiert persévérance dans la volonté, l'organisation, coordinations internes et internationales. 




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